« On ne peut le cacher, l’année a été très difficile. La planification a été particulièrement ardue et nos relations d’affaires avec nos partenaires de tous les jours, les agents et les artistes, ont été mises à rude épreuve. » C’est en ces mots que Frédéric Lagacé, directeur général du Réseau des Organisateurs de Spectacles de l’Est du Québec (ROSEQ), résume l’année 2020.

La crise sanitaire actuelle n’est facile pour personne, encore moins pour les artistes et le personnel des salles de spectacles qui peinent à offrir du contenu dans des conditions où les rassemblements sont formellement interdits. Le public, pour sa part, demeure dans l’incompréhension. Les théâtres, les cinémas, les salles de concert et les musées sont fermés et, ironiquement, les centres commerciaux sont pleins. La question est sur toutes les lèvres : quand pourrons-nous retourner dans nos salles? Les autorités de santé publique changent leurs recommandations comme elles changent de chemise ce qui, comme nous l’a expliqué M. Lagacé, complique les prévisions.

Le portrait de la dernière année

Le directeur général du ROSEQ qualifie la dernière année d’épineuse pour les salles de spectacles. Non seulement la planification s’est avérée un défi de taille, mais s’ajoute à cela un public plus craintif et casanier en temps de pandémie : « Le lien de confiance avec le public est lui aussi ébranlé et il n’est pas simple de reconquérir les amateurs de spectacles qui se montrent frileux à revenir en salle. »

Vu les difficultés vécues par les diffuseurs et dans le but d’atténuer les effets de la crise, le ministère de la Culture et des Communications a lancé en août dernier un programme d’aide temporaire aux salles de spectacles. Le temps a permis à M. Lagacé de constater les effets à double tranchant de ce programme :

« Les aides gouvernementales sont suffisantes pour maintenir tout le monde à flot. Toutefois, elles peuvent s’avérer déstructurantes pour certaines organisations, particulièrement les petites salles et les diffuseurs qui se consacrent à des disciplines plus nichées telles que la danse, le théâtre ou le jeune public par exemple. »

Sur une note plus positive, le réseau se dit plus uni que jamais dans la traversée de cette crise. Elle a notamment permis aux diffuseurs d’innover et de tester de nouvelles formules qu’ils exploiteront de nouveau dans le futur, au grand plaisir du public.

Prospectives

Certaines prévisions laissaient entendre qu’une majorité des salles pourraient fermer dans les prochains mois, principalement aux États-Unis. Qu’en est-il de la situation au Québec? L’annonce d’un vaccin pour l’année 2021 changera-t-elle la donne?

« Grâce aux mesures gouvernementales en place, nous pouvons diffuser et rémunérer toute la chaîne même s’il y a des annulations. La situation ne demeure quand même pas idéale, car les ventes de billets ne sont pas au rendez-vous. […], mais nous avons confiance de revenir à la normale à la fin de l’année 2021, voire début 2022. Le public peut s’attendre au même standard de qualité qu’on connaît des diffuseurs pluridisciplinaires. Malgré une ambiance légèrement amputée par une jauge réduite et le moral global, les spectacles contribueront à notre guérison collective. »